28/07/2011

de la conscience égarée

J'observe autour de moi des personnes qui semblent perdues dans le monde qui les entoure, elles ne le comprennent plus, ne le reconnaissent plus, au point de chercher la vérité, cachée selon eux, dans des recoins sombres et dangereux, où théorie complotistes foisonnent dans un joyeux désordre intellectuel.

Mondialisation, communautarisme, guerres, famines, maladies, catastrophes écologiques, la fin du monde, la fin d'un monde, et ces âmes errantes cherchent, une explication, une cause, des causes, des responsables, des coupables : qui, comment, et dans quel but ?

Le monde ne tourne plus aussi rond, on se précipite alors sur des maitres à penser, le fast-food à penser, le prêt à consommer du cerveau, des maitres très habiles à éplucher cette masse d'incompréhension pour vous livrer le graal, la connaissance, gratuitement, dans votre fauteuil moelleux devant votre ordinateur.
Pour cela il suffit de se connecter sur le net, les maitres à penser sont là, bien décidés à vous convaincre que vous vivez dans un monde de mensonge, surfant sur vos peurs les plus secrètes, nourrissant votre anxiété, votre angoisse. ils distillent leurs analyses tout en douceur, argumentant avec force bravoure face à " ce monde cruel " qui tente de les faire taire, ils détiennent LA vérité, et ne souhaitent que vous la délivrer pour vous sauver, vous ouvrir les yeux, vous illuminer...
mais certaines lumières ne sont là que pour mieux vous aveugler, et derrières elles, l'obscurité, le noir, le néant.

Sur ce chemin tortueux, cette quête infructueuse, au milieu de ces precheurs extrèmes qui tapent un jour contre les juifs, un jour contre les musulmans, un jour contre les feministes, un jour contre les homosexuels, il y a des des gens, des autistes de la vie, des gens qui voudraient nager dans le grand bain de l'humanité mais qui ne veulent pas se mouiller. Des gens qui voudraient recevoir, sans jamais vraiment donner.

Combien de fois, j'entends ces voix qui s'offusquent de ce monde capitaliste, tout en s'inquiétant de leurs actions en bourse, qui pleurent sur le sort des travailleurs pauvres du monde entier en regardant leur écran plat gigantesque " made in ", qui vomissent sur un monde de consommation tout en faisant chauffer leur carte bleue le samedi à la caisse de raymonde smicarde et heureuse...
Et ça pleure, ça geint, ouin la planète est foutue...ouin le monde est pourri...
mais qui dans le même temps ne bouge pas le petit doigt pour que cela change : va toi qui te nourrit des théories fumeuses de certains, va militer chez les écolos et faire le pied de grue devant une vieille centrale nucléaire, engage toi pour une association et charrier des cartons pour ceux qui ont faim, va voter, va manifester, va dans le monde réel !

Voilà, l'unique vérité, pas besoin de maitre à penser, de théorie des complots et autres masturbations mentales, la vérité c'est que nous sommes les artisans de notre propre malheur, de notre propre déchéance, tous, sans exception, même moi, humains posés comme des verrues sur cette planète qui se meurt, accrochés désespérément à un mode de vie, au confort moderne, à ses libertés et ses droits apparents, effrayés de perdre tout cela au point de sacrifier d'autres peuples qui sont sur notre chemin, tout en étant conscient que cette perte est inéluctable parce que non d'un chien on l'a bien mérité.
Ce message lu par tous, est destiné à un qui cherche la lumière là où elle n'est pas, je lui apporte j'espère une lueur qui le guidera vers SA vérité, celle inscrite dans son cœur.

3 commentaires:

Bernard a dit…

Très beau billet ! Agir selon sa conscience et mettre en conformité ses paroles et ses actes, me semble en effet une très bonne définition de l'humanisme...

cybernet a dit…

Nous récoltons de toute façon ce que nous avons semés de manière individuelle ou collective : le mépris, l'individualisme, la violence, l'irrespect, parfois la haine... La corruption, l'appât du gain (rapide et facile ?),
Nul doute que notre monde change, mais pas forcément comme on le souhaiterait...

Won, Philippe et Raphael a dit…

comme disait Shakespeare:
Quelle époque terrible que celle où des idiots dirigent des aveugles