22/11/2010

vive le service public !

J'ai eu la surprise avec d'autres blogueurs d'être tagué par BlogExpérience à propos du service public dans un article où elle nous révèle être fonctionnaire.
Bon d'un côté, ça nous regarde pas mais en même temps en bossant comme fonctionnaire son avis sur la question est intéressant comme l'est celui de Philippe Méoule, qui a fait un billet très complet sur la notion de service public que je vous recommande.

Mon avis sur la question est celle d'un usager...
Le service public pour moi est indissociable de la notion d'égalité, égalité entre tous les citoyens grâce à l'accès à certains services, comme l'éducation, les soins, les transports.

En zone rurale, nous sommes très attachés aux services publics, parce que bien sûr dans des zones peu habitées, où le tissu économique est mangé aux mites, sans les services publics il ne reste pas grand chose. 

Citons par exemple, les fermetures de bureaux de poste qui ne sont plus rentables, les citoyens touchés par ces fermetures vont être obligés de faire parfois 30 km pour déposer une lettre, faire un mandat ou un retrait sur leurs comptes postaux... 30 km dans des zones où la population est vieillissante et où les niveaux de revenus sont bas, on peut dire que la notion de service a perdu son sens premier au profit de la rentabilité ! Mais le service public est-il là pour rendre "service" ou pour être "rentable " ? La notion de rentabilité est incompatible avec la notion de service public, c'est un non sens, une aberration puisque dans le même temps le service public bénéficie d'un régime particulier qui n'a aucune commune mesure avec le régime d'une entreprise !

Autre exemple, dans mon secteur, les fermetures de maternité...ah quel plaisir pour une future mère de faire trente kilomètres, en serrant les jambes, pour aller accoucher à l'autre bout du département ! Là encore, l'État pense rentabilité... Idem, pour des services de chirurgie qui ferment à tours de bras, des mois d'attente pour se faire opérer, des services surchargés, des personnels stressés en manque de moyens.

Dernier exemple, l'école rurale qui est en danger avec des fermetures annoncées. Une école qui ferme, c'est le coeur d'un village qui s'arrête de battre, des commerces de proximité qui ferment , des jeunes couples qui déménagent, et le désert humain qui s'installe.

La notion de service public, c'est l'égalité entre citoyens mais c'est aussi une opportunité de développer certaines zones du territoire français en gardant ou en attirant une nouvelle population. Regrouper les services publics dans les zones urbaines, dans les zones surpeuplées, peut apparaitre comme plus rentable au premier abord mais les effets secondaires qui en résultent sont très couteux d'un point de vue social.

Par exemple, on assiste dans les écoles à la surcharge des classes : Un enseignant ne peut être aussi disponible avec 20 élèves qu'avec 30 élèves et plus, les élèves en difficulté sont noyés dans la masse, stress, mal être et  violence...donc il faudra dépenser pour prendre des mesures pour réparer la violence, le mal être, soigner le stress, ce qui aboutit finalement à annuler la rentabilité acquise lors de la suppression de certaines classes.

Peut-être que le but de ce travail de sape est de détruire les derniers bastions de la contestation salariale, en effet quelle entreprise privée en France serait capable de mener à la grève des millions de personnes ( 5 millions de fonctionnaires actuellement ), de bloquer l'économie pour empêcher une réforme ? aucune !

La suppression du service public à laquelle on assiste par petits morceaux va conduire notre société vers plus d'inégalités entre les citoyens, et plus de problèmes liés à un "mal être" général. Une société qui va mal, c'est moins de consommation, plus de misère sociale, et une croissance qui s'effondre. La droite est au pouvoir depuis 1995, 15 ans de montée du chômage, d'aggravation de la pauvreté, d'aggravation de la violence, de détérioration du système éducatif, du système de santé...

A ceux de ma génération, qui étaient à l'école dans les années 80, et qui s'obstinent à chanter les louanges du gouvernement actuel, qu'ils se souviennent des avantages qu'ils ont eu à l'époque, étions-nous si malheureux ? Avions-nous un discours sécuritaire quotidien pour nous maintenir dans la peur ? Avions-nous peur du lendemain ? peur pour nos emplois, peur pour nos retraites, peur de ne plus pouvoir payer nos frais de santé ? la droite n'est pas là que depuis 2007, depuis la " crise mondiale ", elle est là depuis 15 ans !

Donc comme Seeme je dirai haut et fort : " j'aime le service public ! "

7 commentaires:

Nicolas a dit…

La droite n'est pas au pouvoir depuis 95 mais depuis 93 moins "97 - 2002"...

Et l'Euro (et les règles qui vont avec) a été adopté en 2002.

Fiers du service public a dit…

Merci pour cette contribution axée sur l'égalité d'accès !
Cela semble tellement évident qu'il faille des services publics en milieu rural, qu'on a vraiment le sentiment que les "décideurs" qui les font disparaître ont oublié qu'ils devaient oeuvrer pour le bien de tous...

isabelle B. a dit…

@nicolas oui y a les périodes de cohabitation...tu pourrai nous faire un billet pour récapituler tout ça, histoire de nous rafraichir la mémoire...

Nicolas a dit…

Pas le temps d'écrire des billets...

philippe meoule a dit…

Nicolas fait sa feignasse" en ce moment, on ne sait pas pourquopi !
En revanche, un autre Nicolas sera cet après-midi à la porte de Versailles, devant les maires de France réunis en congrès. Ne doutons pas qu'il saura vanter les bienfaits de la RGPP : réforme des collectivités, fermeture des "petits" hôpitaux, des sous-préfectures, des bureaux de poste, de la diminution des effectifs de la police et de la gendarmerie, etc. Ne doutons pas que le parterre UMP qui aura été constitué à cette occasion saura applaudir à tout rompre devant les caméras...
Merci pout ton lien et bravo pour ton billet.

Nicolas a dit…

Philippe,

"Nicolas fait sa feignasse" en ce moment, on ne sait pas pourquopi !"

Je vais le dire :
1. Suite au Beaujolais, mon vendredi a été foutu en l'air.
2. Suite à la cuite de samedi (très légère tardive), mon dimanche a été foutu en l'air.
3. Ma boite changeait de bureaux, hier, ce qui bouleverse les habitudes, il faut que je retrouve mes marques (et la journée d'hier a été consacrée au déballage des cartons et au papotage, pas au travail, donc les pauses "blog" étaient en fait consacrées au travail urgent). Cela dit, je vais gagner une heure par jour sur les temps de transport.
4. J'ai foiré mon billet de ce matin (ça arrive rarement, on se rend compte à la fin qu'il n'intéressera pas les lecteurs) : une heure de perdue.

J'ai quand même fait 3 longs billets hier...

isabelle B. a dit…

Nicolas, je suis dans le même état que toi mais je n'ai pas d'excuse beaujolais ni déménagement, juste une sorte de torpeur en lisant les infos qui me laisse comme deux ronds de flan :-)