29/04/2010

Le bonheur n'est pas toujours dans le pré

C'est amusant de constater la vision qu'ont les parisiens de nous, les provinciaux, les ruraux, les bouseux...le terme bouseux étant utilisé seulement en cas de grosse colère lorsque la voiture est en panne et qu'on ne trouve pas de garage ouvert, le reste du temps le provincial est charmant, ouvert et souriant ( alors que franchement, j'ai noté que la proportion de cons en province est égale à celle existant à la capitale ) Ah ! le rural qui hume le bon air en mangeant des tartines avec du beurre qui vient de la ferme, qui prend le temps de vivre, d'écouter les zozieaux, qui répand son lisier en sifflotant sur son gros tracteur... ça c'est la belle vie !

J'ai lu l'article de Guy Birenbaum qui nous raconte son périple loin de la capitale, dans le Gard, soleil, lézards, pastaga...et surtout nous dit-il, loin des burqa. Comme je le disais dans un précèdent billet, lui non plus n'en a pas croisé une seule.

Lors de son escapade, il a noté que le provincial ne se soucie pas de la question du voile intégral, ne suit pas l'affaire du polygame déniché par Brice, et finalement ne s'amuse que des entrainements sportifs nocturnes de Ribery... Là, je ne suis pas tout à fait d'accord ...bon, peut-être que le berger qui dort avec ses moutons au fin fond du Gard, n'est pas au courant de tout ce patakès mais je ne pense que ce soit le cas, partout en province.

Le provincial est méfiant, il regarde la télé, il voit des niquab, burqa, et autres voiles, des ministres et parlementaires qui s'excitent sur le sujet, on parle d'une loi, d'urgence à stopper le phénomène, alors le rural, il se dit " cré vin diou ! vla ti pas que le maure va venir forcer nos jeunes donzelles à porter cet habit bizarre ! Et la madelon alors ? hein ? "

Bon bref, le provincial est toujours très inquiet de ce qu'il ne voit pas dans ses rues et ruelles pavées de bonnes intentions, il se dit que si à la Capitale ça existe et bien, dans quelques temps il en aura plein les rues des burqa, il flippe le provincial " ben si vous êtes contre la loi, c'est que vous êtes d'accord pour que votre filliote porte la burqa alors , hein ? "
Non, le provincial n'est pas un poète en puissance qui sirote de la citronnade sous un olivier en fleur, le provincial s'informe lui aussi, et fait son choix, parfois à droite, à gauche , aux extrêmes, ben oui, en province aussi on vote aux extrêmes même au pays du pastaga... mais où va-t-on je vous le demande ?

Pour résumer, le provincial parle de la burqa même s'il n'en voit pas, c'est comme l'Arlésienne !
Alors moins optimiste que Guy ( que je salue respectueusement au passage ) je dirai que le bonheur n'est plus dans le pré...

6 commentaires:

Nicolas a dit…

Je crois que tu as mal compris le billet de Guy. Il n'oppose pas Paris à la campagne, il oppose un "cercle médiaticojenesaisquoi" à la campagne... parce que quand il est à Paris, il y est pour le boulot, pour faire ses chroniques, il fréquente des journalistes, des blogueurs, ... Quand il quitte Paris (il le fait à peu près tous les WE, je crois), il se vide de tout ça et relativise sa vie.

C'est souvent que ce que je pense des blogueurs de mon entourage qui sont persuadés que la phrase de machin est très importante alors que tout le monde s'en fout. C'est une des raisons qui me fait aimer le bistro, le soir, c'est que c'est un baromètre de la "vraie vie". Dans le métro (une heure), avant d'arriver à la Comète, je feuillète mon twitter sur l'iPhone pour voir ce dont les gens parlaient au cours des 200 derniers twits : ils sont complètement déconnectés de la réalités alors qu'ils sont chargés de la commenter. Et j'arrive à la Comète, on me parle de foot, de la maladie de machin, du commerce qui est exceptionnellement fermé et on ne sait plus où acheter du bon pain, de la rougeole de la petite-fille qui oblige la grand mère à rester à la maison pendant que les parents bossent, ...

Pendant ce temps, le Parisien (voir mon billet) fait la une sur une fraude à la sécu pour détourner les yeux des gens des sujets que mes "observateurs twitteriens" jugent très importants.

isabelle B. a dit…

@nicolas, deux choses, d'une part j'ai été lolobobotomisée dés mon plus jeune âge, ce qui explique cette difficulté à comprendre ce que je lis, d'autre part, à ma décharge, je suis une femme ;-) plus sérieusement, les discussions au comptoir du bar ne sont pas forcément celles qui sont les plus représentatives de ce qui tracasse ou pas les français, car beaucoup, à l'heure de l'apéro, sont à table avec raymonde, devant le 20 H, où on parle de burqa, des vilains polygames et autres sujets croustillants qui ont le don de mettre la pression à l'opinion publique.
je salue au passage les parisiens parce que j'ai envie d'abord :-)

Nicolas a dit…

Je salue aussi.

Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire (le bistro n'était qu'un exemple). Je crois que quelqu'un comme Guy est plongé 12 heures par jour dans l'actualité. Raymonde et son mec deux fois une demi heure par jour.

isabelle B. a dit…

en tous cas, avec toutes mes conneries, tu te retrouves à me commenter deux fois dans la journée ;-)
En tous cas, Guy a bien raison de se mettre au vert le week-end, pourvu qu'il ne croise pas Raymonde et Raymond ( j'ai connu un couple ainsi nommé ) ou alors, bien malgré lui, il se retrouvera de nouveau plongé dans ce débat absurde !
cette fois ci ce sont les provinciaux que je salue ( surtout que je vis parmi eux ;-)

guy birenbaum a dit…

C'est encore plus simple que ça. Nous nous prenons la tête pour des sujets qui n'en sont pas...

isabelle B. a dit…

on doit être un peu maso, c'est pour ça qu'on se prend la tête pour des sujets qui ne sont pas des sujets, mais qui néanmoins tout en étant des diversions, sont des non-sujets agaçants tout de même ;-)