J'ai eu la surprise avec d'autres blogueurs d'être tagué par BlogExpérience à propos du service public dans un article où elle nous révèle être fonctionnaire.
Bon d'un côté, ça nous regarde pas mais en même temps en bossant comme fonctionnaire son avis sur la question est intéressant comme l'est celui de Philippe Méoule, qui a fait un billet très complet sur la notion de service public que je vous recommande.
Mon avis sur la question est celle d'un usager...
Le service public pour moi est indissociable de la notion d'égalité, égalité entre tous les citoyens grâce à l'accès à certains services, comme l'éducation, les soins, les transports.
En zone rurale, nous sommes très attachés aux services publics, parce que bien sûr dans des zones peu habitées, où le tissu économique est mangé aux mites, sans les services publics il ne reste pas grand chose.
Citons par exemple, les fermetures de bureaux de poste qui ne sont plus rentables, les citoyens touchés par ces fermetures vont être obligés de faire parfois 30 km pour déposer une lettre, faire un mandat ou un retrait sur leurs comptes postaux... 30 km dans des zones où la population est vieillissante et où les niveaux de revenus sont bas, on peut dire que la notion de service a perdu son sens premier au profit de la rentabilité ! Mais le service public est-il là pour rendre "service" ou pour être "rentable " ? La notion de rentabilité est incompatible avec la notion de service public, c'est un non sens, une aberration puisque dans le même temps le service public bénéficie d'un régime particulier qui n'a aucune commune mesure avec le régime d'une entreprise !
Autre exemple, dans mon secteur, les fermetures de maternité...ah quel plaisir pour une future mère de faire trente kilomètres, en serrant les jambes, pour aller accoucher à l'autre bout du département ! Là encore, l'État pense rentabilité... Idem, pour des services de chirurgie qui ferment à tours de bras, des mois d'attente pour se faire opérer, des services surchargés, des personnels stressés en manque de moyens.
Dernier exemple, l'école rurale qui est en danger avec des fermetures annoncées. Une école qui ferme, c'est le coeur d'un village qui s'arrête de battre, des commerces de proximité qui ferment , des jeunes couples qui déménagent, et le désert humain qui s'installe.
La notion de service public, c'est l'égalité entre citoyens mais c'est aussi une opportunité de développer certaines zones du territoire français en gardant ou en attirant une nouvelle population. Regrouper les services publics dans les zones urbaines, dans les zones surpeuplées, peut apparaitre comme plus rentable au premier abord mais les effets secondaires qui en résultent sont très couteux d'un point de vue social.
Par exemple, on assiste dans les écoles à la surcharge des classes : Un enseignant ne peut être aussi disponible avec 20 élèves qu'avec 30 élèves et plus, les élèves en difficulté sont noyés dans la masse, stress, mal être et violence...donc il faudra dépenser pour prendre des mesures pour réparer la violence, le mal être, soigner le stress, ce qui aboutit finalement à annuler la rentabilité acquise lors de la suppression de certaines classes.
Peut-être que le but de ce travail de sape est de détruire les derniers bastions de la contestation salariale, en effet quelle entreprise privée en France serait capable de mener à la grève des millions de personnes ( 5 millions de fonctionnaires actuellement ), de bloquer l'économie pour empêcher une réforme ? aucune !
La suppression du service public à laquelle on assiste par petits morceaux va conduire notre société vers plus d'inégalités entre les citoyens, et plus de problèmes liés à un "mal être" général. Une société qui va mal, c'est moins de consommation, plus de misère sociale, et une croissance qui s'effondre. La droite est au pouvoir depuis 1995, 15 ans de montée du chômage, d'aggravation de la pauvreté, d'aggravation de la violence, de détérioration du système éducatif, du système de santé...
A ceux de ma génération, qui étaient à l'école dans les années 80, et qui s'obstinent à chanter les louanges du gouvernement actuel, qu'ils se souviennent des avantages qu'ils ont eu à l'époque, étions-nous si malheureux ? Avions-nous un discours sécuritaire quotidien pour nous maintenir dans la peur ? Avions-nous peur du lendemain ? peur pour nos emplois, peur pour nos retraites, peur de ne plus pouvoir payer nos frais de santé ? la droite n'est pas là que depuis 2007, depuis la " crise mondiale ", elle est là depuis 15 ans !
Donc comme Seeme je dirai haut et fort : " j'aime le service public ! "
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22/11/2010
vive le service public !
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01/06/2010
nos enfants ne sont pas des sardines !

A l'heure où on se plaint dans les journaux de l'augmentation des violences scolaires et du manque de personnel d'encadrement, l'heure où on pense ficher les élèves décrocheurs et installer un policier dans chaque lycée à problèmes, et bien Luc chatel sort de son chapeau une nouvelle idée ( est-ce vraiment une idée, ou un fantasme, une lubie, une connerie ? )
On peut ainsi lire dans le parisien : " Augmenter le nombre d’élèves par classe. C’est ce que propose très sérieusement le ministère aux recteurs, qui doivent examiner dans leurs académies, d’ici à la mi-juin, comment gagner des postes et faire ainsi face au non-remplacement d’un prof sur deux, inscrit au budget 2011."
Nos enfants ne sont pas des sardines, qu'on doit absolument faire entrer dans une boite déjà trop pleine !
Est-ce que surcharger les classes va régler le problème des violences ou l'aggraver ?
Surcharger les classes va-t-il aider les élèves qui décrochent ou les profs qui s'échinent à enseigner des programmes surchargés eux-aussi ?
J'ai entendu le discours de notre président à propos de l'Afrique, où il a proposé de débloquer 300 millions d'euros pour former des soldats africains au maintien de la sécurité et de la paix sur le sol africain... N'eut-il pas été mieux venu de débloquer ces 300 millions d'euros pour l'éducation de nos enfants, de ceux qui feront la France de demain ? Il y a toujours plus d'argent pour l'armée, pour la police, et toujours moins pour la justice et l'éducation.
Suppression des Rased, des décharges, bourrage des classes, ce sont les solutions simplistes pour réduire les postes au primaire et au secondaire... Encore une fois pour faire des économies, on retire des moyens financiers et humains, on va créer de nouveaux problèmes pour lesquels il faudra dépenser de fois plus par la suite !
Alors au lieu de râler à chaque fois qu'un instit ou un prof de votre enfant fait grève, pensez que c'est aussi pour l'éducation de vos enfants qu'ils se révoltent, une journée d'action va probablement se dérouler le 24 juin prochain, en tant que parents soutenons les enseignants de nos enfants contre ce projet inacceptable !
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