Je vous avais parlé au mois de juin de la médecine rurale,et de la difficulté à se faire soigner en province en raison du manque de praticiens généralistes ou spécialistes, or ce matin j'ai lu ici "qu'un décret paru au Journal Officiel autorise les consultations par internet." et que "le but de ce décret d'autorisation : "résoudre, par exemple, le problème de la démographie médicale", et lutter ainsi contre l'apparition de déserts sanitaires dans certaines régions"
Encore une fois, on assiste à l'avènement d'une solution simpliste à un problème complexe !
Je vais me faire l'avocat du diable pour changer...Admettons qu'on laisse les médecins " réels ", en chair et en os, disparaitre de certains territoires, puisqu'il semble qu'aucune autre alternative sérieuse au déplaquage des docteurs ne soit étudiée, que penser :
Du facteur démographique ?
La population dans les zones rurales, est vieillissante, or une personne "âgée", parfois isolée d'un point de vue familial, pourra-t-elle prendre soin de sa santé en ayant plus comme interlocuteur qu'un médecin virtuel ?
Sachant que dans les pathologies courantes liées à l'âge, il y a malheureusement la maladie d'Alzeimer ou la sénilité... je vois mal une personne atteinte de troubles de la mémoire être capable de décrire "en ligne" ses symptômes, la date de leur apparition, se souvenir de son traitement en cours...
Du facteur technique ?
Ce système de consultation en ligne signifie être équipé d'un ordinateur, d'une connexion internet , être capable de cliquer au bon endroit au bon moment... Il y a des foyers en France qui ne sont pas équipés en informatique, ou formés à l'utilisation d'un ordinateur et de l'Internet.
S'il n'y a plus de médecin près de chez eux, va-t-on leur répondre " ben alors ! Faut se mettre à l'informatique si vous voulez être soignés ! "
De plus je m'interroge sur le côté pratique, montrer son œil irrité à un docteur virtuel via une webcam, ok, mais en cas d'hémorroïdes, vous aurez intérêt d'être souple ou d'avoir une webcam amovible...
Du facteur risque ?
Qui portera le chapeau en cas de problème ? Admettons que Mémé Jolie utilise la consultation en ligne pour soigner son petit problème de douleurs qu'elle décrit comme de l'arthrose, une douleur dans le bras gauche qu'elle a du mal à qualifier, des engourdissements des doigts, une grosse fatigue, le gentil médecin en ligne lui prescrira des antidouleurs, une crème antalgique, du repos ! Et puis pas de bol, Mémé jolie fait une belle crise cardiaque la laissant à demi paralytique, la faute à qui ?
A Mémé jolie qui n'a pas su décrire ses symptômes ou mesurer la gravité de son état OU au site internet qui a fait la consultation, qui n'a pas détecté le problème cardiaque, et n'a pas proposé d'examens supplémentaires ?
C'est ennuyeux pour Mémé Jolie qui se retrouve paralysée, à la charge de ses enfants, et qui va coûter très cher à la Sécu à présent...
On voit donc dans notre beau pays l'arrivée, comme prévue, peut-être un peu en avance sur mes prévisions personnelles, d'un accès aux soins à deux vitesses, et vous serez nombreux à devoir vous contenter du " Bas Débit " !
Pour vous faire votre opinion , un bon article sur le sujet : là
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26/10/2010
18/06/2010
appel du 18 juin des médecins généralistes

Il y a plusieurs jours, je m'inquiétais de l'état de la médecine rurale en France. Que ce soit pour les acteurs de cette profession ou pour leurs patients la situation est plus que préoccupante !
J'ai constaté que mon billet était présent dans la revue de presse du site de l'union des généralistes http://uniongeneraliste.org, lors de la visite de ce site, j'ai appris qu'une journée d'action était en cours : l'idée m'est venue alors de relayer l'appel du 18 juin des médecins généralistes, parce que nous patients, nous avons aussi notre mot à dire !
Le pourquoi de leur raz le bol ?
"( ...) les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, (...) les médecins généralistes, en attendant, continuent de déplaquer, (...) ceux qui restent sont excédés par le harcèlement administratif, (...) le désengagement de l’Etat et de la CNAM met en péril leurs retraites, (...) les médecins généralistes ne savent pas ce que deviendra leur métier dans les années à venir, (...) ils sont de plus en plus inquiets pour la prise en charge future de leurs patients..."
La forme de leur action en ce vendredi 18 juin :
"Fermeture des cabinets médicaux (à certaines heures ou toute la journée),
Rencontre et information des élus locaux,
Manifestations devant les CPAM,
Soutien aux initiatives locales des médecins généralistes. "
Relayer cet appel, c'est aussi soutenir l'action de nos médecins, qui sont présents pour nous, patients, c'est se mobiliser pour que nos enfants aient une médecine présente sur le terrain et à la hauteur de leurs besoins.
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