Thomas nous explique qu'il n'est pas Charlie, qu'il est lui ce qui somme toute est déjà un fardeau terrible, et nous invite à penser en tant qu'individus. Je ressens cela aussi, je ne suis pas charlie, je suis iboux, et ce n'est pas une partie de plaisir tous les jours.
Bon réfléchir c'est difficile et éreintant, et puis avouons que nous nous sommes beaucoup déshabitués de cette pratique qui n'est pas sans risques, car elle peut nous mener à faire face à nos erreurs de jugements, nos contradictions aussi.
A titre d'exemple, j'ai fait face hier soir à mes propres contradictions à propos du front national, dont mes lecteurs savent qu'il me file la nausée, vraiment.
J'ai lu de nombreuses réactions soutenant que le FN ne doit pas défiler dimanche dans cet élan d'union national à la mémoire des victimes et en soutien à la liberté d'expression.
Réaction à chaud du iboux :
" ah ben ouais on va pas laisser des fachos, qui faisaient la Une de Charlie, défiler auprès des républicains pour la liberté d'expression... qu'ils ferment leur grande gueules !"
Réaction après réflexion douloureuse :
La France vit désormais dans un monde de paradoxes, où des musulmans, des juifs, d'anciens communistes votent marine, voire ont pris leur carte au fn.
Ce parti qui refuse l'étiquette d'extrême droite ( mouahah !) aime pourtant à fréquenter les néo nazis semble-t-il ratisse dans toutes les couches de la société, dans toutes les communautés, grâce à son discours populiste, grâce aussi à un sentiment de peur et désespoir que ressentent de nombreux français.
Ce parti que je considère comme ne représentant pas nos idées républicaines, est autorisé à se présenter aux élections dans notre démocratie, il possède des élus même au niveau européen. Voilà une réalité à laquelle nous devons faire face...
Il eut fallu ne point attendre que ses représentants fasse preuve de machiavélisme en polissant leurs discours et en donnant une image de vierge effarouchée et démocrate à ce parti raciste.
Mais que nenni, notre démocratie molle n'a non seulement pas pris la mesure du risque, mais en plus elle lui a ouvert un boulevard en l'aidant dans son oeuvre de dédiabolisation et de banalisation du discours raciste en lui octroyant cette fameuse liberté d'expression ( coucou les médias, zemmour , soral, dieudonné...) là où notre démocratie aurait selon moi dû appliquer " on ne doit pas tolérer, l'intolérable"
Je clame que je soutiens la liberté d'expression, et en cela cet attentat m'a profondément meurtrie, de braves gars, à l'humour décapant et provocateur se sont fait dézinguer par des fous de Dieu parce qu'ils l'ont ouvert un peu trop souvent et un peu trop fort pour défendre des idées dont ils étaient convaincus qu'elles étaient justes.
Que faire alors ?
Nous ne pouvons d'un côté défiler pour la défense de la liberté d'expression et dans le même temps empêcher des gens, même de gros connards, de s'exprimer, soyons logiques. Ne leur donnons pas une nouvelle fois l'occasion de se victimiser face à l'opinion publique.
Alors laissons le fn tomber le masque, laissons-le exprimer ses idées pourries d'un autre temps, pour que ceux qui peuvent encore ouvrir les yeux le fassent.
Laissons les déraper, car notre pays possède un arsenal juridique pour punir ceux qui dépassent les limites imposées par notre république.
Dimanche les soutiens du fn ne défileront pas pour défendre la liberté d'expression, ou encore moins en la mémoire de journalistes qui n'ont eu de cesse de dénoncer leurs idées,
Le fn défilera pour proner le retour de la peine de mort, pour stigmatiser une communauté : voilà ce que la France républicaine pourra observer.
Suivre son cœur, suivre sa conscience, voilà le travail qui nous attend à chacun, même si c'est dur, même si ça fait mal, et même si cela signifie parfois se couper du troupeau parce qu'il pense différemment.
Je nous souhaite plus de courage, plus d'engagement au quotidien, car au final avant de changer notre société, nous allons devoir changer.