05/10/2010

une blogueuse dans le Cantal



Ce week-end fut intense pour moi invitée par Interbev à venir observer les pratiques des éleveurs de vaches Salers dans le Cantal.

D'un naturel curieux, j'ai avalé les kilomètres en train, puis en bus, en compagnie d'une troupe de blogueurs fort sympathiques afin de me rendre compte par moi même de ce que peut être la vie d'un éleveur de bovin français au fin fond de l'Auvergne.

Je n'ai pas besoin de vous spécifier que la région est magnifique, des espaces de prairies gigantesques à perte de vue, des volcans immenses, et une population très accueillante !
Le vent étant extrêmement fort, pour des raisons évidentes de sécurité, nous n'avons pu faire notre ballade en montgolfière au dessus des pâturages et des volcans mais ce doit être une expérience unique que je vous conseille !

Toute la joyeuse bande de blogueurs a grimpé en haut du col de Neronne à 1242 mètres d'altitude, non pas à bord d'un chariot de paille mais d'un bus, pour observer les paysages, et surtout les estives, qui sont les pâturages d'été des fameuses Salers.
Sans ces bêtes à cornes, les pentes des volcans seraient absorbées par des friches et le paysage n'aurait bien sûr pas le même visage et ne serait plus praticable, notamment pour les randonneurs .

Dans la foulée, nous avons eu le plaisir de rencontrer un couple d'éleveurs, passionnés par leur métier et qui bataillent chaque année pour vivre de leur exploitation malgré le coût des charges qui ne cessent d'augmenter.

Bien loin du modèle de l'élevage intensif de porcins que je subis dans mon département, l'élevage de Salers que nous avons visité nous a dévoilé une agriculture raisonnée, en accord avec la nature : Les troupeaux de 80 bêtes en moyenne, montent chaque été aux estives pour paître uniquement de l'herbe puis l'hiver, ils rejoignent leurs étables où ils sont nourris avec l'herbe fauchée durant la saison estivale, ainsi que par des céréales en complément alimentaire.

La visite du concours départemental bovin a été également un moment surprenant, 500 bêtes de race Aubrac étaient présentées, et je peux vous dire que les taureaux sont impressionnants surtout quand vous portez une salopette rouge à la mode supermario !

Je me suis bien sûr inquiétée de l'alimentation OGM des animaux, et un éleveur m'a assuré qu'il n'est pas dans la volonté des producteurs bovins de donner ce type d'alimentation à leurs animaux, néanmoins il m'a fait part de leur inquiétude quant à la difficulté qui existera peut être dans quelques années de trouver des céréales sans OGM, tout dépendra des cultivateurs et de l'offre et la demande en céréales sans OGM... Les consommateurs ont donc plus que jamais, leur rôle à jouer en affirmant leur opposition aux OGM et surtout en soutenant les éleveurs qui tentent de garder une agriculture saine pour nous tous !

Pour ce qui est de l'impact environnemental : Les déjections bovines sont recyclées dans les estives afin d'engraisser l'herbe, et le méthane des ruminants est compensé par le stockage de CO2 par les prairies.

D'autre part, notons l'effort de nombreux éleveurs qui montent leurs troupeaux aux estives à pied, 30 km en 7 heures, afin de limiter leur production de gaz à effet de serre ! Alors que nous, consommateurs nous prenons bien souvent nos véhicules pour aller au supermarché au coin de la rue...


J'étais dubitative quant à cette invitation du syndicat des éleveurs bovins d'Auvergne mais nos échanges francs et ouverts m'ont permis de me souvenir que nous avons besoin du monde paysan, qu'il permet de garder un tissu social dans de nombreuses régions, qu'il entretient nos paysages, et surtout qu'il nous permet de manger une alimentation variée et de qualité.

Si nous tournons le dos à nos éleveurs qui pratiquent une agriculture raisonnée, nous n'aurons plus que de l'alimentation venant de pays beaucoup moins respectueux de l'environnement et de notre santé... J'espère toujours que les élevages intensifs des autres filières ( porcs ou poulets ) reviendront sur ce chemin vertueux choisi par l'élevage bovin et qu'ils cesseront cette fuite en avant qui n'est bonne pour personne.

Après toutes ces visites instructives qui nous ont ouvert l'appétit, nous nous sommes régalés de viande de Salers et de fromage du cantal, dans un magnifique buron de la Combe de la Saure à 1500 mètres d'altitude avant de repartir à regret vers Paris...

N'hésitez pas à vous rendre dans le Cantal, à Salers, je vous promets que cela vaut le détours !

Une petite vidéo pour sentir l'ambiance Basic Instinct de ce week-end !




2 commentaires:

Nicolas a dit…

Touriste !

isabelleB a dit…

t'aurais dû venir y'avait à boire et à manger :-)