19/02/2010

mère porteuse ou le retour à l'esclavage ?

les époux Menesson tentent de faire reconnaitre l'état civil de leurs jumelles nées d’une mère porteuse aux États-Unis en 2000. Actuellement, ils plaident leur cause devant la cour d’appel de Paris.
En 2000, "les certificats de naissance ont été établis conformément à la législation californienne et les époux Mennesson désignés comme les parents."
Mais en France, il faut le souligner la gestation pour autrui (GPA) est illégale, c'est pour cette raison que le ministère public souhaite faire annuler la transcription sur les registres de l’état civil français.
cher lecteur, tu ne me le demande pas, mais je m'en vais te donner mon avis , qui n'engage que moi comme toujours :
Je comprends le désir d'enfant, j'imagine la frustration de ne pouvoir procréer, de porter ses enfants, d'avoir un lien de sang avec eux, mais néanmoins je suis contre la gestation pour autrui, ou pour faire plus simple, contre le système de la mère porteuse.

En allant jusqu'en Californie pour faire porter leurs enfants, les époux Ménésson savaient qu'ils contournaient la loi française, en effet une fois les enfants nés et ramenés en France, ils savaient que leur affaire entrainerait un débat et qu'au moins dans l'intérêt de leurs enfants, ils obtiendraient probablement gain de cause.
Cependant cette affaire va bien au delà de l'histoire de cette famille, il faut se questionner sur l'opportunité de banaliser de telles situations, est-il dans l'intérêt des femmes que leurs corps soient utilisés pour faire "pousser" des bébés ?
Ne doit-on plus protéger les femmes qui en situation précaire seraient tentées d'accepter de porter un bébé contre rémunération ? sans parler de celles qui pourraient être forcées par leur compagnon toujours contre de l'argent, le retour à l'esclavage...
Que penser de celles qui se seront attachées au bébé grandissant dans leur ventre mais devront s'en séparer pour remplir les termes de leurs contrat ?
Toutes ces questions sont actuellement posées au sénat, l'académie nationale de médecine a donné un avis négatif, un avis également très réservé du Collège national des gynécologues et obstétriciens français
Bref, même si notre corps nous appartient, il me semble souhaitable de conserver les garde-fous existants : on ne peut pas en France louer son corps pour porter l'enfant d'un autre couple, on ne peut pas vendre non plus son rein ou son œil droit.

Pour terminer, une question : Pourquoi faire compliqué lorsque l'on peut faire simple ; beaucoup d'enfants en France ou dans le monde ont désespérément besoin d'amour, de soins, d'éducation, pourquoi ne pas donner une chance à ces enfants qui sont déjà sur terre ? Être parents ce n'est pas seulement transmettre un capital génétique, c'est transmettre des valeurs et donner de l'amour, et il n'y a pas besoin à mon sens de liens du sang pour aimer et transmettre... A moins d'avoir un égo sur-dimensionné et de s'imaginer que son capital génétique est si exceptionnel qu'il serait dramatique pour l'histoire humaine qu'il soit perdu à tout jamais...
Si votre avis est néanmoins différent, vous pouvez le partager bien qu'il y a très peu de chances que je change d'avis sur cette question....

Addentum : Un article du http://www.lefigaro.fr nous relate la décision de la cour d'appel de Paris," qui a reconnu le 18 mars 2010, à un couple français la filiation avec deux jumelles, nées d'une mère porteuse américaine en 2000, mais a annulé leur inscription à l'état-civil français."



source : http://www.cngof.asso.fr/ et http://www.elle.fr
et http://www.lexpress.fr http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/2010-05-06/comite-d-ethique-les-meres-porteuses-toujours-indesirables-en-france/1055/0/452191

2 commentaires:

Paul a dit…

C'est assez grave de votre part de penser qu'une femme qui porte l'enfant d'autrui soit obligatoirement en situation précaire et incapable de prendre une décision raisonnée. Vous pensez que toute femme en situation précaire devrait se voir retirer son libre arbitre ? C'est d'un paternalisme insoutenable ! D'autre part, c'est complètement à côté de la réalité. Dans quasiment tous les pays qui ont légalisé et encadré la gestation pour autrui, elle n'est en aucun cas une rémunération. Seuls les frais liés à l'état de grossesse sont remboursés. Ce qui fait que le profil des femmes qui portent l'enfant d'autrui n'est pas celui de femmes précaires, mais de femmes avec un niveau d'éducation et de revenus professionnels supérieurs à la moyenne. Dans ces pays, une femme en précarité matérielle ou psychologique ne sera tout simplement pas acceptée comme candidate à porter l'enfant d'autrui.

Je suis également choqué par votre manque d'empathie envers ces enfants qui sont traités comme des paria par la justice. Quoiqu'on puisse penser des actes de leurs parents, il est totalement injuste d'essayer de les punir de la sorte. Pleins d'enfants sont nés de la sorte et seules quelques familles sont poursuivies par les autorités françaises au mépris des lois internationales sur l'intérêt de l'enfant. A quoi cela sert ? Cela ne vous choque pas ?

isabelle B. a dit…

Contrairement à ce que vous soutenez je compatis pour les enfants qui subissent les frais d'un procès pour une situation dont ils ne sont pas responsables.Vous dites " pleins d'enfants sont nés comme ça..." oui, mais ailleurs, dans des pays où c'est légalement possible. Si la loi interdisant les mères porteuses ne convient pas à la société française actuelle, je suppose qu'elle sera modifiée. Cependant je pense que votre émotion vis à vis de cette affaire, vous fait confondre d'une part, les arguments éthiques, moraux, médicaux que l'on peut soulever contre la gestation pour autrui et d'autre part, l'intérêt de ces enfants déjà nés. Lisez ce rapport afin de mieux comprendre mon avis sur la question http://209.85.229.132/search?q=cache:CtROdBeVNPEJ:www.academie-medecine.fr/Upload/henrion_rapp_10mars_2009.doc+avis+gestation+pour+autrui&cd=1&hl=fr&ct=clnk&gl=fr