L'actualité est comme un flot ininterrompu, une catastrophe japonaise quitte la Une au profit d'une guerre en Libye, qui laisse la place à un drame familial à Nantes, qui s'oublie dans un mariage princier, lui même occulté par la béatification d'un ancien pape, qui s'efface devant la mort du terroriste le plus recherché au monde, lui même suivi par une rumeur de grossesse gémellaire...Voilà le monde dans lequel nous vivons, un monde où un déluge d'informations dégouline sur nous quotidiennement, où nous touchons la surface de toutes choses sans jamais nous y attarder, en profondeur.
Le Japon et sa crise nucléaire en est un parfait exemple. Le monde entier retenait son souffle devant son écran : " le réacteur va-t-il exploser ? le nuage radioactif va-t-il parvenir jusqu'à nous ? " et depuis, nous avons zappé, nous nous félicitons de l’exécution de Ben Laden tout en nous angoissant de la possible vengeance du mouvement dont il était la tête pensante...
Pourtant, la crise japonaise est bien loin d'être terminée...Toshiso Kosako, le conseiller du Premier ministre japonais pour les questions nucléaires a annoncé sa démission, en larmes, "en raison de désaccords sur la gestion de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima " car le gouvernement n’ayant selon lui "pas été rigoureux dans l’application des lois et règlementations". Cet homme refuse de cautionner la mise en danger de centaines d'écoliers japonais de la région de Fukushima qui sont soumis à des niveaux de radiations 20 fois trop élevé pour des enfants, car le niveau autorisé a été relevé à 20 millisivert par le dit gouvernement ! Des centaines d'enfants sacrifiés sur l'autel du nucléaire.
On apprend dans le même temps que le Rainbow Warrior, vaisseau amiral de Greenpeace, a entamé aujourd'hui des mesures sur la qualité de l'eau au large de la centrale nucléaire endommagée de Fukushima, dans le nord-est du Japon,afin d'apporter des données indépendantes aux citoyens du monde qui se posent des questions. Ces informations auront-elles le privilège d’accéder à la Une de nos journaux ? Ne serait-ce qu'une demi-journée ?
Dans cette quête du scoop, de l'audience, l'information n'est devenue qu'une marchandise, qui se doit d'être rentable même au prix de la vérité...
crédit photo

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire