C'est amusant de constater la vision qu'ont les parisiens de nous, les provinciaux, les ruraux, les bouseux...le terme bouseux étant utilisé seulement en cas de grosse colère lorsque la voiture est en panne et qu'on ne trouve pas de garage ouvert, le reste du temps le provincial est charmant, ouvert et souriant ( alors que franchement, j'ai noté que la proportion de cons en province est égale à celle existant à la capitale ) Ah ! le rural qui hume le bon air en mangeant des tartines avec du beurre qui vient de la ferme, qui prend le temps de vivre, d'écouter les zozieaux, qui répand son lisier en sifflotant sur son gros tracteur... ça c'est la belle vie !
J'ai lu l'article de Guy Birenbaum qui nous raconte son périple loin de la capitale, dans le Gard, soleil, lézards, pastaga...et surtout nous dit-il, loin des burqa. Comme je le disais dans un précèdent billet, lui non plus n'en a pas croisé une seule.
Lors de son escapade, il a noté que le provincial ne se soucie pas de la question du voile intégral, ne suit pas l'affaire du polygame déniché par Brice, et finalement ne s'amuse que des entrainements sportifs nocturnes de Ribery... Là, je ne suis pas tout à fait d'accord ...bon, peut-être que le berger qui dort avec ses moutons au fin fond du Gard, n'est pas au courant de tout ce patakès mais je ne pense que ce soit le cas, partout en province.
Le provincial est méfiant, il regarde la télé, il voit des niquab, burqa, et autres voiles, des ministres et parlementaires qui s'excitent sur le sujet, on parle d'une loi, d'urgence à stopper le phénomène, alors le rural, il se dit " cré vin diou ! vla ti pas que le maure va venir forcer nos jeunes donzelles à porter cet habit bizarre ! Et la madelon alors ? hein ? "
Bon bref, le provincial est toujours très inquiet de ce qu'il ne voit pas dans ses rues et ruelles pavées de bonnes intentions, il se dit que si à la Capitale ça existe et bien, dans quelques temps il en aura plein les rues des burqa, il flippe le provincial " ben si vous êtes contre la loi, c'est que vous êtes d'accord pour que votre filliote porte la burqa alors , hein ? "
Non, le provincial n'est pas un poète en puissance qui sirote de la citronnade sous un olivier en fleur, le provincial s'informe lui aussi, et fait son choix, parfois à droite, à gauche , aux extrêmes, ben oui, en province aussi on vote aux extrêmes même au pays du pastaga... mais où va-t-on je vous le demande ?
Pour résumer, le provincial parle de la burqa même s'il n'en voit pas, c'est comme l'Arlésienne !
Alors moins optimiste que Guy ( que je salue respectueusement au passage ) je dirai que le bonheur n'est plus dans le pré...
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