07/04/2012

la complainte de l'abstentionniste

je viens vous parler d'un citoyen qui refuse de faire ce devoir qui est pourtant un droit, de celui qui passe des mandats entiers à râler et à se plaindre et qui se tait lors de deux uniques moments où il pourrait s'exprimer utilement. Un citoyen qui balance entre individualisme, égoïsme voire même égocentrisme : L'abstentionniste.

Écoutez donc la complainte de l'abstentionniste, elle se résume à peu de mots :

L'abstentionniste n'aime pas la politique, dit-il, cela ne l’intéresse pas, cela ne sert à rien,
puisque constate-t-il, rien ne change pour lui, jamais.
il n'y a aucun candidat qui le représente vraiment, lui si unique, il voudrait tant notre abstentionniste,
qu'il y ait un candidat à la carte, rien que pour lui,mais il n'y en a pas
c'est pour cela qu'il ne votera pas, dit-il.

La politique, c'est compliqué dit-il, n'ayant point peur de passer pour une andouille qui ne comprend rien à rien, ferait-il un effort pour s'informer et tenter de comprendre vers quel monde on veut l'entrainer,
non, il faudrait lire, là aussi c'est compliqué...

Voter ? Pour changer la vie des autres ?
qu'ils se débrouillent, après tout dit-il, quelqu'un pense-t-il à moi ?
Non content de tourner le dos au reste de ses concitoyens, l'abstentionniste œuvre pour convaincre son entourage à le rejoindre dans son immobilisme, histoire de sentir moins seul, ou moins con, on ne sait pas trop...

le grand jour des élections arrivant, l'heure de gloire de l'abstentionniste approche, le jour où enfin il tient sa revanche muette. Campé sur ses petits pieds rageurs, l'abstentionniste assure qu'il n'ira pas aux urnes, même si on le payait, il se drape dans son indépendance d'esprit, lui qui ne suit pas le troupeau des électeurs...il se moque de l'inutilité de leur démarche, au café de la mairie, il goguenarde devant son verre tandis que ses concitoyens viennent fêter leurs bulletins fraichement introduits,il se frotte les mains, notre abstentionniste, sa journée n'est pas finie.

le soleil est ironiquement de la partie, même la météo vient à sa rescousse pour justifier son absence au chevet de la république, et puis il a tant de choses à faire notre abstentionniste, il n'a pas une minute à perdre dans ce qu'il nomme méchamment le grand carnaval.

Le soir, devant son écran, il ne regarde pas les résultats, à quoi bon, cela ne le concerne, ni de près ni de loin, mais sans doute que sa famille, ses voisins, ses amis et ses collègues, y sont scotchés, attendant fébrilement les résultats qui pourraient, peut-être, changer le cours de leurs existences.

Toutes ces personnes, avec qui il partage sa vie, regarde atterrés le score de l'abstention : combien de concitoyens les ont abandonnés dans la bagarre ?! Les bras leurs en tombent, ils frissonnent en imaginant les conséquences,  repensent avec dégout au second tour de 2002, et du renoncement qu'ils ont pour certains opérés...

L'abstentionniste est bien loin de ces considérations humanistes, il regarde un tueur découper sa victime sur un DVD, tout en se disant qu'avec plus de policiers il y aurait moins de violence, quelle idée se dit-il de supprimer des postes de policiers, ou même de profs pour encadrer les gamins, ils sont malades ceux qui nous gouvernent...

Aucun commentaire: