03/12/2011

la presse people, le cancer du journalisme


Le cancer est une saloperie, oui le mot d'un point de vue littéraire n'est pas séduisant, mais c'est l'unique mot qui me vient quand j'entends cancer, saloperie vient avec, toujours.

Lorsque j'ai entendu l'annonce, forcée, de Jean-Luc Delarue à propos de sa maladie, j'ai été révoltée, oh pas à cause de cette terrible épreuve qu'il va devoir traverser comme tant d'anonymes, non j'ai été révoltée par l'idée qu'un paparazzi puisse aller jusqu'à voler le dossier médical confidentiel de cet animateur, pour de l'argent, et qu'en retour Delarue se sente contraint pour stopper la rumeur de communiquer sur son cancer, alors qu'il ne le souhaitait pas à l'origine.

Quand on se met cinq minutes à la place de cet homme public, dans sa tête, lui qui peut-être comme moi, accole le mot cancer à saloperie, et qu'on l'imagine en train de préparer son communiqué pour confirmer son état, ce n'est plus le crabe comme on le nomme qui est un monstre, non, ce sont ces journaux people qui n’hésitent pas à payer des charognards pour remplir la poubelle de leurs colonnes.

Quand on parle de la liberté de la presse, je suis toujours la première, comme dans l'affaire de Charlie hebdo, à dire qu'elle ne doit pas être limitée, d'aucune manière, et que même un humour discutable qui permet de mettre en avant des dysfonctionnements de notre société, ou de politiques, est salvateur pour une démocratie...mais annoncer un cancer, d'un simple animateur de télé, contre sa volonté, est-ce salvateur pour la liberté de la presse, pour la démocratie ? A la limite qu'on communique sur la maladie de celui qui a les codes des bombes atomiques dans notre pays peut se justifier, un président atteint d'un alzheimer serait un danger, ce serait une information nécessaire...mais la presse people se garde bien ces dernières années d'aller trop loin dans les révélations qui pourraient atteindre le pouvoir et ses dérives.

la presse people c'est le cancer du journalisme, une belle saloperie !

Aucun commentaire: