Le problème avec les grandes joies, pour moi, c'est qu'elles précédent toujours une prise de conscience d'une tristesse infinie.
La victoire, on l'a eue ce 6 mai, on l'a attendue, beaucoup ont milité chacun à leur manière pour l'obtenir, et on l'apprécie, il y avait tant de raisons de s'indigner ces dernières années, de se lever pour dire non.
Je mesure aujourd'hui le chemin qui reste à parcourir, il est énorme.
Il va falloir que la gauche puisse constituer une majorité pour pouvoir mettre en marche le changement, mais le sujet de mon billet ne porte pas sur les législatives.
Ce 8 mai est le jour idéal pour ce souvenir de ce mal qui s'est emparé du monde, et de notre pays, et que nos anciens ont combattu avec tant de courage au prix de tant de sacrifices !
Il va falloir parvenir à renforcer la république, et ses principes en combattant ce mal qui revient faire ses crocs sur notre pays.
Je constate avec effarement, voire même angoisse indicible, la lepenisation des esprits. Le discours extrême s'est banalisé, la droite républicaine est un champs de ruines, et le racisme est partout.
Pour moi, ce sera le centre même du chantier de ce mandat, redonner confiance dans les institutions, rétablir de la justice avec compassion mais aussi fermeté, combattre cette maladie rampante qui a infecté notre pays des droits de l'homme, la haine de l'autre : la haine du gauchiste, de l'étranger, la haine du mec de droite, la haine du fonctionnaire, la haine de la femme libre, la haine de l'homosexuel, la haine du patron, la haine du chômeur...
La France n'est plus que rejet, que division, voilà l'état actuel de notre pays, il faudra du temps et des efforts de notre part à chacun pour que l'unité revienne entre nous tous, le changement n'est pas dans Hollande, il est en nous, une fois évacué le choc de la défaite pour la droite et de la victoire pour la gauche, il nous faudra nous atteler à cette tâche, nous unir contre le mal qui nous menace chacun.
18 % des électeurs ont entrainé le débat républicain pendant cette campagne sur un chemin dangereux, et indigne, notre république a montré ainsi sa faille, et notre démocratie son paradoxe, en ce qu'elle porte en elle trop de tolérance pour ce qui est intolérable !
J'ai vu des images de ces crânes rasés en Grèce devant leur drapeau néo-nazi interviewés par les journalistes : mon dieu est-cela la démocratie ? donner le pouvoir à des néo-nazis ? la démocratie peut-elle tout accepter ?!
La peste brune est à nos portes qui tambourine, ne la laissons pas entrer...

3 commentaires:
Le retour des idées qu'on a coutume de qualifier de "nauséabondes" est un vrai souci.
Je les vois progresser avec effarement, même chez des gens qui auraient eu à en souffrir autrefois.
C'est vrai que la joie suivant le résultat de l'élection est de courte durée !
J'ai eu 64 ans avant hier et c'est la première fois que je vois siéger dans un parlement en Europe, 20 députés qui s'affirment ouvertement nazis, au nom de la démocratie ! Démocratie que de crimes commet-on en ton nom !
Munich n'est pas loin !
@solveig, @kalondour : j'espère que les électeurs républicains vont rester mobilisés pour les législatives...
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