09/11/2010

y'a-t-il un pilote dans l'avion ?

J'ai écouté Villepin à propos de l'esprit de cour, des apeurés, des perroquets, bref du problème qui nous mine tous.

Dans un pays, où il ne fait plus bon utiliser des références historiques telle que la période de Vichy, où certains mots du vocabulaire semblent dangereux comme le mot " inflation ", qui a perdu son sens économique pour se transformer en insulte à caractère sexuel, dans un pays où ouvrir un parapluie au passage du cortège d'un dictateur est un acte qui vous vaudra des coups de matraques, On peut dire oui à Villepin, même sans être de droite, oui nous sommes apeurés !

Il ne dit rien de neuf, il pose des mots, je m'en vais en poser quelques uns à mon tour en vous racontant une fable, La fontaine aurait sans doute été plus poétique, mais il est mort alors, je prends le relais !

Dans son analyse, Villepin semble viser le gouvernement, les députés, bref les politiques qui soutiennent celui qui a les manettes entre les mains pour piloter l'avion dans lequel nous sommes tous assis.

Moi, personnellement, je préfèrerai être dans un autre avion ou avoir au moins un parachute pour prendre le large avant la fin de la partie, mais non, je suis juste comme tout le monde, les mains agrippées aux accoudoirs du siège auquel je suis sanglée, malgré moi, embarqué vers une destination que je n'ai pas choisie...

Je regarde le sol qui se rapproche dangereusement, y'a des nuages dehors, le temps est maussade. Comme beaucoup de passagers j'ai appuyé sur le bouton d'alarme " Ouh ! Ouh ! On a un problème ! " mais personne n'écoute devant...Ils sont tous extatiques,comme en transe, amassés derrière le pilote...Ils le regardent hypnotiques, silencieux comme tétanisés, aucun, pas un seul n'ose au moins lui donner un conseil : " Monsieur, la trajectoire est mauvaise...Vous prenez des risques...On va finir par toucher le sol ! " Lui prendrait la parole, péremptoire : " Notre avion est le plus solide qui n'aie jamais existé ! Si vous n'êtes pas contents, sautez ?! "
Non, bien sûr que personne n'a envie de sauter dans le vide, sans parachute...Le parachute Villepin eut été une bonne idée mais est-il assez solide ? Non, l'équipage reste, regarder la fin du vol jusqu'à la chute...

Certains debout, vont même jusqu'à féliciter le pilote " Quel vol magistral ! Quelle maitrise ! Il y a des risques énormes mais rien ne peut vous arrêter n'est-ce pas ? "
Une confiance aveugle, surprenante. A l'arrière, on se demande quel est le secret du pilote, des promesses ont-elles été faites au moment de l'embarquement, ou des pressions si intolérables qu'on préfère souffrir mille maux plutôt que de descendre de l'avion avant qu'il ne soit trop tard ?

Le problème c'est que le pilote est sûr de lui, tellement persuadé qu'il va réussir à atteindre son objectif, certain qu'il va atterrir sans encombre ! Dans sa douce folie il croit même que de l'arrière montera une ovation, des clameurs de joie, des applaudissements. Il refuse de comprendre qu'une majorité de ceux qui prient en silence ne veulent pas aller là où il les emmène, ils veulent quitter cet avion en perdition, dire au revoir à son triste équipage...

Dans les rangs à l'arrière, nous sommes assis, pas en transe, pas résignés non plus, juste assis à réfléchir, calmement, comment reprendre le contrôle de l'avion, comment ramener tout le monde sur le tarmak en un seul morceau...le voyage n'est pas terminé, il sera encore long et angoissant. Vous tiendrez votre carte d'embarquement serrée entre vos mains jusqu'au bout, en espérant pouvoir en avoir une autre, repartir, ailleurs, avec un pilote qui saura vous conduire là où vous rêvez d'aller.

Pour conclure, je dirai que Villepin me fait penser au personnage du prêtre dans le film culte " y'a-t-il un pilote dans l'avion "


2 commentaires:

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